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La Botte Gardiane

La rue de Charonne fait partie de tous ces lieux qui composent le mille-feuille de la capitale qui palpite depuis que les irréductibles Gaulois transformèrent Lutèce en Paris. Connue au Moyen Âge pour sa Devineresse qui y exerçait des talents de divination, ou bien d’enfumage dirait-on plus prosaïquement de nos jours, la rue est plus solidement ancrée dans l’histoire et la trace que les artisans ébénistes et restaurateurs de meubles y ont laissées.

C’est ici, rue de Charonne, que Mister K a posé son établi, sa ruche, mon entreprise, riche de tant de rêves éveillés.

Nous n’y sommes pas seules et ce n’est évidement pas une coïncidence, puisque, vous le savez, je ne crois pas du tout aux coïncidences. Au numéro 16, la grande Isabel Marant y a installé sa première boutique, cela lui a porté chance. 
Je ne crois donc pas aux coïncidences , encore moins aux Devineresses. Je crois au travail et à la détermination chevillée au corps et au cœur des entrepreneurs, pour tisser du lien et laisser une belle trace.
Justement, au numéro 25 de « ma » rue, se trouve une boutique singulière qui fleure bon l’artisanat et la passion du travail bien fait, sans ostentation. L’enseigne porte le nom de La Botte Gardiane.  

Notre rencontre tient lieu d’évidence, comme tous ces rendez-vous immanquables parce qu’ils n’étaient pas prévus. Avez-vous remarqué que tous les rendez-vous manqués étaient d’abord gravés dans le marbre des agenda, en vain ? Bon, ne nous égarons pas dans les méandres du subconscient, restons les pieds sur terre et la terre où la Botte Gardiane est née, est belle et sauvage : la Camargue.

Je suis allée le mois dernier à Aigues-Vives, à la rencontre de la famille Agulhon, repreneur de cette Marque qui recèle la même alchimie que Mister K. Nous allons collaborer pour lancer une paire de sandales, les premières sandales dont je rêvais en secret pour compléter notre vestiaire. Je vais vous conter l’histoire de la saga familiale des Agulhon et vous comprendrez pourquoi les sandales de notre prochaine collection, sont aussi belles et légères que « les semelles de vent » que portait Rimbaud dans ses déambulations.



Au tournant des années 90, La Botte Gardiane était à peine une marque, plutôt l’outil de travail que les gardians de Camargue portaient en chevauchant à travers les joncs et les iris, sur la terre sablonneuse du Delta du Rhône, pour rameuter leur troupeau. Le fondateur de cette marque très confidentielle laissa partir sa petite affaire en liquidation judiciaire, comme une fatalité, au moment où les gardians ainsi que leur troupeau s’effaçaient lentement du paysage.

C’est alors que Michel Agulhon, entrepreneur insatiable, créateur de chaussures de sécurité, entrevit que La Botte Gardiane pouvait renaître de ses cendres. L’affaire fut reprise en 1995, au moment où Antoine, Julien et Fanny, sortaient de l’adolescence pour entrer dans la vie active et la carrière. Leur diplôme aurait dû les destiner a des cursus de banquiers, ingénieurs ou designers, mais voilà, la terre de Camargue doit posséder quelque chose de magnétique et d’envoûtant. Van Gogh et Gauguin pourront vous le confirmer après leur séjour en Arles !

À partir de l’an 2000, l’un après l’autre, Antoine, Julien et Fanny revinrent au bercail pour faire tourner la Marque sous la houlette du père qui envisageait de se retirer, en douceur, avec la satisfaction de celui qui a le luxe de n’avoir rien à démontrer, mais le bonheur de transmettre. Regardez sur le site de La Botte Gardiane, la photo aujourd’hui d’Antoine, Julien et Fanny, vous n’y verrez pas la parabole des fils et de la fille prodigues revenus de leurs illusions, mais la tranquille assurance d’une saga, soudée autour de leur Marque. Il y a des photos qui ne trompent pas. 

2002 est assurément l’année où l’enseigne prit son essor et acquit sa réputation de niche d’excellence. La botte de gardian, modèle iconique, a « fait des petits », bottines, chaussures de ville hommes et femmes, sandales, sous le crayon de Fanny, styliste de la saga. Les Japonais qui sont maîtres pour assumer la coexistence entre extrême modernité technologique et traditions ancestrales, virent dans les collections de la Botte Gardiane tout ce qu’ils aiment et les lient dans leur archipel : le respect des anciens, la durabilité, la justesse du dessin, l’obsession du détail et de la qualité, l’absence d’esbroufe, la famille protectrice et puis sûrement le souffle des « kamis », ces esprits du Shintoïsme, capables de se loger aussi bien dans le souvenir d’un proche, un meuble familier ou … pourquoi pas une paire de bottes, pourvu qu’elle ait une âme !

 Assurément La Botte Gardiane a une âme, la même que j’ai rencontrée à Cholet chez Laurent Audouin, qui fabriqua Serge, notre sac et chez Alain De Smet qui fabriqua Irving, notre Perfecto. 


Antoine, Julien, Fanny et leurs 22 ouvrières et ouvriers, possèdent les mêmes vertus pour travailler le cuir : proximité des fournisseurs de peaux, provenance d’animaux déjà morts, issus de la filière alimentaire, tannage éco-responsable, cuir imperméabilisé et assoupli à la graisse chaude, bottes chaussures et sandales sont faites main - notre paire de sandale aura la semelle entièrement cousue - même perplexité aussi face au cuir dit végétal. Derrière le voile des apparences écologiques, il faut pas mal d’opérations non vertueuses à base de dérivés d’hydrocarbures pour transformer un ananas tropical en ersatz de cuir ! La marque s’y est essayée, sans être définitivement convaincue. Éternel dilemme entre éthique de conviction et éthique de responsabilité, chère à Max Weber. La première est celle de la morale absolue qui a aussi pour effet d’instaurer un monde replié sur lui-même et sans nuance dans son intégrisme paralysant face au cynisme débridé des « autres ». Entre les deux, l’éthique de responsabilité constitue la vraie prise de risque, celle qui assumera de choisir l’action dans le discernement et la sincérité.

Dans cette veine, lisez la présentation sur le site de la Marque, ces mots pourraient être les miens : « La fabrication artisanale entre Nîmes et Montpellier va de pair avec une politique de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) : approvisionnement de proximité, éco-conception, transparence, durabilité – consommer moins, mais mieux – réparation, conditions de travail… la PME s’inscrit dans un modèle d’économie circulaire. La minimisation des déchets tout au long du processus est encouragée. Les chutes de cuir de botte sont réutilisées pour les sandales, pour certaines doublures, […]. Les boîtes de chaussures sont en carton partiellement recyclé et fabriquées en France […] » et en complément naturel de ce manifeste, les nouveaux bâtiments de la société sont construits en respectant toutes les normes visant à limiter la consommation d’énergie. Chaque poste de travail est conçu pour assurer le bien-être – donc la productivité raisonnée – de chacune et chacun (éclairages LED, aspiration des poussières et solvants, parois anti bruit … ).  

La Botte Gardiane est labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant et lauréate 2021 de l’incubateur de la Filière du Cuir ADC (au-delà du cuir) …

Tout cela vous rappelle sûrement quelque chose : faire du beau, faire le bien, le faire bien … zéro stock, zéro gâchis pour la planète. Quand je vous dis qu’il n’y a pas de coïncidence !

Notre paire de sandales se nommera Madrague. Elle aura en partage avec la Camargue la lumière de la Méditerranée plus toute la conviction et l’authenticité qui sont la raison d’être de La Botte Gardiane et de Mister K.

 C.H


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