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ITW n°31: Magali - k fighteuse.

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Magali a 33ans, en cours de traitement pour une insulinome maligne , et créatrice du superbe Blog : LES BELLES HEURES

Hello Magali,

Commençons :

Qui es tu ?

Prénom: Magali

Age : 33 ans

Profession: Juriste

Ou vis tu : Paris, 11ème

Pourquoi acceptes tu de partager ton histoire aujourd’hui ?

Pour faire connaître cette maladie qui est extrêmement rare.

Pour aider les personnes malades à se sentir moins seules. Également pour rappeler que la maladie n'arrive pas qu'aux autres. Je pourrais être votre fille, votre sœur, votre copine, votre femme...Bref, the girl next door.

Enfin, je témoigne aussi pour mon enfant, pour qu'elle sache quelle maman j'étais et qu'elle soit fière de moi. Pour lui laisser une trace de mon passage ici-bas.

Quelles sont tes qualités (en quelques mots) ?

Sensible, attentionnée, diplomate, passionnée, rêveuse, pugnace.

Quelles sont tes passions (en quelques mots) ?

J'adore tout ce qui attrait à l'art, plus précisément le dessin. Je fais beaucoup de travaux manuels -particulièrement du crochet, de la broderie, de la couture. Mon rêve serait d'ailleurs de me reconvertir et travailler dans le milieu de la mode et plus précisément la broderie pour la haute couture. En attendant, j'aimerais ouvrir ma petite boutique en ligne. Je ne peux m'empêcher d'avoir des tas de projets. Le combat contre la maladie passe aussi par là, non ?

Peux tu nous résumer ton histoire de (K fighteur)?

Peux tu nous dire :

Quand a t il été découvert ? Quel age avais tu ?

Il a été découvert au cours de l'été 2013. J'avais alors 30 ans et demi :) enfin, j'allais sur mes trente et un an. Deux mois après mon mariage civil, un mois avant mon mariage religieux que nous avons été obligés d'annuler. Je n'aurais jamais imaginé être la cause de l'annulation de notre mariage, d'ailleurs. Étonnamment j'avais envisagé cette éventualité mais plus en raison du grand âge de certains proches. Comme quoi...

Dans quelles circonstances a t il été découvert ?

Depuis quelques temps, je faisais des crises d'hypoglycémies. Au début uniquement le matin, puis au cours de la journée, et enfin le pire, la nuit. Je me réveillais et j'étais très très mal, avec l'impression de partir. En parallèle, j'étais vraiment très fatiguée. Je n'arrivais littéralement plus à avancer. Moi qui avais tendance à marcher d'un bon pas, je n'arrivais désormais plus à courir après le RER, je faisais de tous petits pas rien que pour aller au travail. Mais cela ne m'a pas mis la puce à l'oreille. J'ai consulté le médecin pour autre chose, un mal d'estomac qui était peut-être lié à la maladie. A ce moment-là, j'ai parlé au médecin de mon "petit soucis", et à la suite d'analyses sanguines ma maladie a été rapidement détectée. J'ai aussi eu la chance d'être orientée très tôt vers de bons spécialistes. Heureusement car les nuits devenaient insoutenables. Et comme je supporte très bien les crises d'hypoglycémie, je peux descendre très bas (autour de 0,5) avant de m'en rendre compte et que cela ne me réveille !

Je n'ai pas été abattue lorsque mon médecin m'a annoncé le nom de ce mal qui me rongeait. Au contraire, j'ai éprouvé le soulagement de savoir que ce n'était pas que dans la tête. Je n'ai pas réalisé que c'était aussi grave. Je me raccrochais au mot bénin, même après ma toute première hospitalisation et ma ponction du foie. Même lorsque le chirurgien m'a dit que c'était malin, assez abruptement d'ailleurs, je n'ai pas franchement réagi.

Si tu es en cours de traitement, depuis combien de temps ?

Depuis juillet 2013, je suis en cours de traitement. D'ailleurs j'ai soufflé les deuxièmes bougies de mon traitement cet été. Il y a des anniversaires dont on se passerait volontiers. Et ce n'est pas terminé, le combat continue : je n'ai pas de date de fin de traitement de prévue, en raison de la persistance de tumeurs. L'oncologue m'a fait comprendre à mot couvert que je pouvais être soignée à vie.

Quels traitement as tu ?

chimio:

J'ai eu la chance de tester différents types de cocktails, miam !

Premier traitement :

J'ai débuté avant même l'intervention chirurgicale une chimiothérapie orale à raison d'un comprimé par jour : ce médicament se nomme Affinitor. Mon corps y répondait bien, jusqu'à ce qu'au bout de huit mois, les tumeurs reviennent en force, en se manifestant par le biais d'une fièvre tumorale. Je sais désormais ce que signifie l'expression se tordre de douleur.

Second traitement :

mon oncologue a décidé d'attaquer de front mes tumeurs avec un traitement de choc, à savoir une séance de chimioembolisation du foie, puis, comme je l'ai très mal supportée, une séance d'embolisation du foie. Le tout sous anesthésie locale. J'en garde un très très très mauvais souvenir. Outre la perte de mes cheveux, j'étais sous aplasie, j'ai attrapé une bactérie, j'étais sur-hydratée, donc avec un abdomen de femme enceinte de six mois (bonjour les vergetures mais on n'est plus à cela près), j'ai aussi eu de chouettes visions à cause de la morphine (des araignées énormes courant sur le mur de ma chambre, des silhouettes d'enfants. Un peu plus et j'étais dans le Sixième sens). J'ai bien cru que je ne m'en relèverai pas. Rien que d'y repenser, cela me fait froid dans le dos.

Tout cela pour ... un résultat quasi nul, avec deux mois plus tard de nouvelles tumeurs, de la fièvre et un retour à la case départ (l'hôpital pour ceux qui n'ont pas suivi).

Troisième traitement :

Je suis passée à des séances de chimio plus conventionnelles avec mise en place d'un port-a-cath. Chaque séance de chimio dure 48h et revient tous les quatorze jours. Avec :

Folfiri 1 (5FU et irinotecan) : énormément de fatigue, de douleurs et des nausées pour un résultat médiocre. D'où un changement de produit au bout de 9 séances.

Folfox (5FU et oxaliplatine) : efficace mais j'ai du cesser ce traitement au bout d'une dizaine de séances, en raison d'effets secondaires pouvant être irréversibles, à savoir de la paresthésie (atteinte des nerfs des bouts des membres, ce qui est problématique lorsque l'on est manuelle comme moi et même lorsque l'on ne l'est pas). Je n'avais pas le droit de manger des glaces, je me suis rattrapée cet été.

Aujourd'hui, j'en suis au mélange suivant :

Avastin + 5FU (5 fluoro-uracile) : je tolère bien mon traitement, hourra ! Même si les tumeurs sont toujours très présentes, au moins ma maladie est stabilisée. J'arrive à me bouger un peu et même depuis peu à m'occuper seule de mon enfant, de la sortie de l'école au retour de mon mari. C'est déstabilisant d'avoir un enfant et de ne pas jouer pleinement son rôle de maman, alors j'en profite et j'avoue que je la gâte un peu beaucoup. Bon par contre pour mener une vie normale et aller au travail ce n'était pas encore cela. Je suis souvent fatiguée.

Là où je n'ai pas de chance, c'est que mon oncologue m'a bien fait comprendre que j'en avais pour un moment. Je n'ai aucune visibilité à court terme ou même à moyen voire à long terme à vrai dire ....

radiothérapie:

je n'en ai pas eu. Ouf, c'est toujours ça de gagné !

opération :

Oui, une intervention, au tout début de mon traitement, pour laquelle je suis restée deux mois à l'hôpital. Ce fut une chirurgie très invasive, puisque l'on m'a ouvert en deux dans le sens de la hauteur, comme un lapin (pour l'image) afin de me retirer la queue du pancréas, la rate et curer les ganglions atteints dans cette zone. Bon, ça va, je l'ai psychologiquement parlant plutôt bien vécu, je ne tenais pas plus que cela à ce bout de pancréas, ni même à ma rate ! Physiquement, c'est une autre paire de manche : j'ai bien compris l'utilité de cet organe lors de mes premiers gros soucis digestifs. Et puis sans la rate, je suis sous antibio à vie et obligée de mettre à jour mes vaccins.

Puis j'ai été hospitalisée deux mois supplémentaires pour la chimio embolisation du foie citée supra, qui se fait sous anesthésie locale : l'anesthésiste entre un tube dans l'artère fémorale au niveau de l'aine, et le glisse le plus près possible du foie avant d'injecter les produits...

Mon foie n'étant ni opérable, ni remplaçable, aucune autre intervention n'est prévue, pas même une greffe. Heureusement, car je ne vivrais pas avec la même sérénité une nouvelle intervention aussi lourde.

J'en ai testé des lits et des services ! Je pourrai presque écrire un guide des différents services de cet hôpital. J'avais même pris l'habitude de tester le matelas dès l'entrée dans ma chambre. Parce qu'avoir mal au dos à cause d'un matelas déformé, c'est un truc difficile à supporter lorsque l'on passe ses journées allongées.

autre:

En parallèle, je prends religieusement mes petits comprimés, matin, midi, soir et au coucher. Et je veille à avoir toujours ma morphine à portée de main. J'en ai dans tous mes sacs à main, poches de manteau. On ne sait jamais.

Quelles astuces en lien direct avec le K as tu envie de partager ?

1/ chimio : le casque, tes affinités avec les infirmières,

comment vivais tu la veille, le jour meme, les jours d’après ?

et quelles étaient tes astuces ?

Je n'ai pas testé le casque, car on m'a dit que cela faisait mal et que ce n'était pas forcément très efficace. De toute manière, la chimio-embolisation qui n'était pas sensée faire tomber mes cheveux a provoqué leur chute et je n'y ai pas été préparée.

Les chimios suivantes ne m'ont pas fait tomber les cheveux mais je garde une coupe courte, au cas où.

Le jour avant ma chimio, je prépare mon sac pour l'hôpital.

Les jours où j'ai ma chimio, je reste chez moi et je dors énormément. Je me repose pendant que ma maman assure la gestion du quotidien. (elle vient spécialement pour l'occasion)

2/ hopital: contact infirmière / doc / aide soignant

Globalement, les membres du corps médical ont été charmants avec moi. J'entretiens de bons rapports avec les médecins qui s'occupent de moi. Ils sont très humains. Être souriant et amical avec le personnel qui prend soin de vous est important. Il vaut mieux se les mettre dans la poche, ne serait ce que parce que c'est plus agréable ainsi, et aussi pour obtenir de petits privilèges : une permission de sortie, un prélèvement sanguin pas trop tôt le matin ...pour discuter lorsque l'on s'ennuie...avoir un thé chaud...

Je me souviens ainsi d'un brancardier qui a été très attentionné avec moi alors que je n'allais vraiment pas bien, et qui prend de mes nouvelles lorsque l'on se croise à l'hôpital.

Une aide-soignante m'a aussi dit être touchée par mon cas car je suis jeune (comparée à la moyenne d'âge des patients en oncologie).

3/ medecine parallèle, si tu as en a fait

J'éprouve le besoin d'être active, de m'impliquer dans ce combat contre la maladie et de ne pas uniquement suivre les prescriptions des oncologues, même si j'ai une confiance totale en eux.

Je prends mes traitements bien entendu, mais je prends aussi soin de moi, en bénéficiant lors de mes hospitalisations de soins sociaux-esthétiques.

Et puis il faut aussi penser à tous les autres soins importants, comme aller chez le dentiste, le gynéco... Ce n'est pas la peine de s'ajouter d'autres problèmes de santé.

Sinon, j'ai effectué plusieurs séances d'acupuncture afin de soigner et prévenir les douleurs liées à la chimio. Je n'arrive pas à savoir si cela a été vraiment efficace. On va dire que oui.

J'ai également consulté une naturopathe qui m'a aidée et conseillée, pour modifier mes comportements alimentaires et les comportements tout court d'ailleurs (entre autres, ma routine beauté). J'ai découvert par son biais beaucoup de sujets passionnants et qui à mon sens s'intègrent dans la slow life (la cohérence cardiaque, l'usage des huiles végétales, les graines germées ...), j'ai même fait un peu de relaxation avec elle. Cela m'a presque donné envie de me reconvertir dans ce domaine que je ne connaissais pas, c'est vous dire à tel point j'ai trouvé nos échanges enrichissants.

Il ne faut pas non plus négliger le rôle des médecins de la douleur, qui m'ont prescrit des anti-douleurs (des morphiniques dans mon cas), mais aussi qui m'ont fait faire des séances de sophrologie, m'ont fait aussi découvrir un appareil qui s'appelle un TENS et qui crée un leurre pour le cerveau.

Je consulte aussi régulièrement une kinésithérapeute pour me faire masser le dos, et ponctuellement un ostéopathe.

Dès qu'un médecin peut se déplacer à domicile, je n'hésite plus à en faire la demande. De plus, je suis prise en charge par des infirmiers via un service d'hospitalisation à domicile. Ils me rendent visite plusieurs fois par semaine, m’emmènent les médicaments, font les bilans pré-chimio...

Bref, je ne suis pas passive, je teste plein de petites choses pour prendre soin de moi.

Que fais tu pour te changer les idées / te vider la tête (avant chimio , operation & co) ?

Rien de plus que d'habitude, je me repose quotidiennement et je m'organise pour que tout se passe au mieux, si je suis en forme évidemment. J'aime bien savoir que les courses sont faites, la maison à peu près entretenue, car j'ai une petite fille et je veux le meilleur pour elle, comme toutes les mamans. Je ne veux pas trop chambouler son quotidien, qui est déjà bien perturbé. J'ai quand même réalisé des choses qui sont à mes yeux très importantes, pour ma fille : j'ai rempli son livre de naissance, je lui ai fait un doudou, des coussins, et en ce moment je me suis lancée dans la confection d'une couverture Bai Jia Bei. Comme cela, si il m'arrive quelque chose, je sais qu'elle conservera des objets fabriqués par mes soins pour elle.

Et pour me changer les idées, je fais du crochet, du tricot, je regarde des émissions inavouables à la TV :) (je n'avouerai que sous la torture. Un indice : ils sont jeunes, issus du monde de la nuit et du Ch'Nord ou de Marseille, partent dans des lieux paradisiaques, ne savent ni parler, ni vraiment s'habiller d'ailleurs, en mode "shoggun tonight" ! - ça y est, j'ai perdu toute ma crédibilité). J'ai aussi la chance d'être entourée et de ne pas à avoir gérer quoique ce soit lors de mes chimios. Ma maman est à ce moment-là toujours présente à mes côtés et m'aide énormément, notamment en s'occupant de mon enfant à ma place. Sans elle, je ne sais pas comment nous aurions pu tout faire, car mon mari travaille. Ma belle-mère qui travaille encore, vient aussi nous soutenir et nous donner un coup de main si besoin.

Quelles astuces pratico-pratiques peux tu nous conseiller ?

1/ beauté: crèmes magiques / cicatrices & co

J'essaie désormais de privilégier les produits de beauté naturels et basiques. J'ai ainsi découvert l'an dernier la Slow cosmétique et l'utilisation des huiles végétales.

Pour ma cicatrice : j'ai utilisé l'huile Tonic de chez Clarins, elle a été très efficace sur ma cicatrice que je massais pour l'estomper. Même la kiné était bluffée.

J'utilise des huiles végétales pour le corps et le visage.

Je fais des emplâtres d'argile verte sur mon foie.

Je me vaporise de l'eau florale sur le visage.

Je mets des emplâtres d'argile verte sur mon foie.

J'essaie de me détendre en effectuant des exercices de respiration. Je me repose.

2/ look, ton look préféré chimio, hosto, tous les jours pour te sentir bien

Je privilégie les vêtements confortables. J'ai acheté plein de pantalons type pyjama / pantalons d'intérieur en coton de chez Petit bateau, avec une taille élastique. Et même des chaussons ! Comme cela, je suis habillée confortablement les jours de chimio à l'hôpital et lorsque je traine chez moi avec mon infuseur.

Je porte des petits hauts en coton, j'ai toujours une étole sur les épaules.

Mon mari m'a offert une veste de kimono et des gilets-châles tout doux dans lesquels j'aime m'envelopper. J'ajoute par dessus un grand foulard ou une étole. Il y en a toujours une qui traine dans mon salon. D'ailleurs ma fille me les pique pour se déguiser ou même pour dormir avec.

3/ quotidien (sport, nourriture & co)

Pas de sport pour moi car j'étais en situation de dénutrition pendant un an et demi et je ne suis pas encore assez vaillante pour faire du sport. Aujourd'hui je marche -principalement pour me déplacer- mais j'aimerais beaucoup retourner à la piscine. J'adore nager, je suis un véritable poisson.

J'essaie de manger équilibré, de cuisiner un peu. J'évite l'alcool, les aliments trop gras, difficiles à digérer.

Au niveau organisationnel, je me suis achetée un bel agenda dans lequel je note scrupuleusement tous mes rdv / mémo, afin d'anticiper les prochain traitements et pouvoir prévoir des choses plus agréables, comme des sorties, entre deux soins. J'ai aussi un dossier dans lequel je range mes documents médicaux. Et je rassemble tous mes médicaments dans une boîte à portée de main afin de ne pas oublier de faire renouveler les ordonnances en temps et en heure.

Es tu soucieuse du regard des autres, avais tu peur que leur regard change ? que fais tu pour le contrer ?

Au début, j'ai eu peur du regard des inconnus, en raison d'un port d'une sonde naso-gastrique qui venait me barrer le visage. Et puis j'ai pris mon courage à deux mains, j'ai franchis le seuil de la porte sans m'arrêter sur le regard des gens. C'était ça ou rester enfermée chez moi !

Idem lorsque j'ai perdu mes cheveux. Les premiers jours, je ne sortais pas sans mon foulard. Rapidement j'ai décidé de sortir tête nue sans me préoccuper du qu'en dira t'on. Je suis même sortie en Birkenstock de chez moi ! :)

Peut-être que le fait que je vive dans un arrondissement cosmopolite de Paris a joué. Ici, on croise des gens de toutes origines, over lookés ou habillés très simplement. Je me suis fondue dans le paysage.

Je me suis achetée plein de jolis pendants d'oreilles pour mettre en valeur mon visage.

J'ai aussi abandonné mes maillots de bain deux pièces au profit d'un une pièce, afin de camoufler ma cicatrice abdominale (et il faut aussi que je la protège du soleil). Cela tombe bien, les maillots une pièce reviennent à la mode !

Quelles sont les phrases pépites (dont tu te souviennes) qu’on a pu te dire pendant le K et qui auraient pu t’être évitées ?

Quelques personnes proches m'ont effectivement fait mal, mais je relativise. Cela n'est pas de la malveillance, plutôt de la maladresse. J'ai donc décidé de ne plus en prendre ombrage et d'en rire, plutôt. (Enfin j'ai quand même laissé passer un peu de temps avec certaines personnes).

Je vais éviter ici de froisser mes amis en citant leurs phrases cultes. Je pense (et j'espère fortement) que certains ont compris qu'ils m'avaient blessée car je suis devenue bien plus distante avec eux que je ne l'étais auparavant. 
Mais pour moi, le pire reste le silence radio de certains. Comme si j'étais contagieuse. Ou comme s'ils m'avaient déjà enterrée. Je sais, on a tous un emploi du temps surchargé, mais un simple petit "je pense à toi" n'est pas trop demandé. Je crois comprendre que certains ont peur de la maladie ou qu'ils ne se rendent pas compte de ce que c'est. Je ne leur souhaite pas de tomber malade.

Parlons plutôt des autres personnes que j'ai pu croiser :

Ma conseillère bancaire, qui à l'étude de mes comptes bancaires sait que je suis en arrêt longue maladie (je perçois des indemnités de la sécurité sociale régulièrement depuis longtemps) :

"Pourquoi vous êtes vous coupée les cheveux ? Ça vous allait mieux les cheveux long".

"- Vous avez quoi comme maladie ?"

- (je ne réponds pas)

"- De toute façon ça ne va pas durer, non ?".

- (Euh...tu essaies de me refourguer un prêt, là ?)

Je n'ai pas su si elle prêchait le faux pour savoir le vrai. Mais je pense sincèrement qu'elle est juste stupide et qu'elle ne s'imagine pas que quelqu'un de notre âge puisse être malade.

Des chauffeurs de taxi conventionnés, sur le chemin de l'hôpital, qui essaient d'être sympa et qui sans savoir de quelle affection je suis atteinte, tentent de me rassurer, sans que je leur demande quoi que ce soit :

"- Ne vous inquiétez pas, aujourd'hui on guéri de tout. Vous allez guérir vous aussi. Il n'y a que le cancer du foie que l'on soigne difficilement".

- Ah. D'accord. Merci bien. Mon foie et moi, nous vous remercions pour vos encouragements."

Ce n'est pas parce que je suis une femme que je suis forcément atteinte d'un cancer du sein, ni parce que je suis assez jeune que j'ai une leucémie. A l'hôpital, on (les brancardiers, les secrétaires) me demande régulièrement si je vais en hématologie alors que je suis bien suivie en oncologie. C'est marrant les idées reçues des gens.

Comment tes proches t’ont ils accompagné ?

Et quels seraient les conseils que tu pourrais donner aux proches qui accompagnent un K fighteur ?

Chacun m'a accompagné à sa manière. En pensant a moi, en m'envoyant des messages, des cartes, en priant pour moi, en me proposant leurs services ou en me rendant visite.

Ma mère a été extrêmement présente. Elle est venue tous les jours me voir, elle a dormi à mes côtés dans un lit de fortune lorsque j'en ressentais le besoin, elle a joué le rôle de l'infirmière, de l'aide-soignante, tout en s’occupant de ma fille la journée.

Mon mari venait me voir tous les jours à l'hôpital. Il m'emmenait ma fille le week-end. Il s'inquiète régulièrement pour moi.

Ma famille et mes proches sont là et répondent présent si j'ai besoin d'aide, notamment pour m'aider à m'occuper de mon enfant.

J'ai beaucoup d'amis qui sont souvent venus me rendre visite à l'hôpital ou chez moi. J'ai eu beaucoup de belles attentions...Le point positif c'est que la maladie m'a permise de me rapprocher de ma famille, d'approfondir certaines amitiés et de découvrir de belles personnes.

Globalement je suis chanceuse, ma maladie m'a plus rapprochée des gens qu'elle ne m'en a éloignée.

Je conseillerais aux proches d'être présent, ne serait-ce qu'à travers des cartes postales, sms. Un long appel peut fatiguer. Il faut être à l'écoute du malade, voir ce qui lui fait plaisir, éventuellement ne pas hésiter à le lui demander. Je trouve dommage les gens qui s'éloignent sous le (faux?) prétexte de ne pas vouloir déranger. Bon, par contre, c'est bien aussi d'éviter de donner des conseils gratuits ou de faire des comparaisons inutiles avec d'autres personnes malades ("ma tante Jeanine a eu le même genre de maladie et elle, elle faisait tel et tel truc, mais bon elle est morte..."). Même si cela part d'une bonne intention, c'est lassant. Par exemple, on m'a gentiment conseillé de jeûner avant mes chimios, sauf que dans mon cas, c'est impossible ! J'ai plus tendance à accepter les conseils des personnes qui ont elles-mêmes traversées des épreuves similaires que de personnes bien portantes (Tu devrais faire du sport. Ahahah). Bref, être présent et un peu empathique. Ne pas parler que de maladie, mais aussi de tout et de rien, comme avant.

Quels seraient les liens (internet) utiles qui t’aident pendant le K ?

Les blogs en général, surtout ceux qui parlent de tout sauf de cancer ! Et plus précisément les blogs de DIY, de mamans créatives, car ils me permettent de me projeter dans ce que j'aimerais accomplir lorsque je serai en forme.

Ma maladie est très rare, donc il existe peu d'informations sur le sujet. Cela serait plutôt à moi de créer mon blog pour communiquer sur cette tumeur ! J'ai tout de même appris que les rats et furets en souffraient également :)

Sinon, je suis quand même le blog de marine de Nicola (kiss of a hurricane) et celui de Lili (la guerre des tétons) et maintenant le tiens (il est très très sympa d'ailleurs, j'aime beaucoup le ton et les sujets abordés) ! J'ai également été très touchée en apprenant le décès d'une jeune femme qui avait un peu la même vie que la mienne. Je revenais d'une séance de chimio douloureuse. Pour me changer les idées, je suis allée naviguer sur son blog et apprendre son décès a été un grand choc. Elle laisse un tout petit garçon derrière elle.

Qu’est ce que le K a changé dans ta vie …?

Mon K est arrivé à un moment où je me sentais submergée, et où je me posais beaucoup de questions au sujet de mon avenir professionnel. Je réfléchissais beaucoup trop, je ne savais pas quelle direction donner à ma vie.

J'avais besoin de calme. J'ai l'impression que mon corps m'a envoyé un signal d'alarme.

J'aspire désormais à profiter de la vie, à ne plus subir et à faire des choix non par raison mais par envie. J'ai envie de changer de métier. Je pense que cela sera d'ailleurs nécessaire car je ne suis vraiment pas sûre de pouvoir reprendre mon emploi précédent. Désormais, j'essaie de moins me prendre la tête. Et puis je suis malade, certes, mais l'actualité me montre que j'ai beaucoup de chance de vivre en France et de pouvoir bénéficier de soins appropriés. Lorsque je vois certains amis râler ou se sentir dépasser par une broutille, alors qu'ils ont tout pour être heureux, j'ai envie les secouer. Vraiment, certaines personnes ne réalisent pas la chance qu'elles ont et ne voient que le côté négatif de la vie.

Si je réussis à guérir, je projette de changer beaucoup de choses dans ma vie. Cela a d'ailleurs commencé.

Est ce que cette épreuve t’as poussée à changer de vie ? (avec de nouveaux projets , des changements dans ta vie ? )

J'essaie d'adopter un mode de vie plus sain, en choisissant notamment avec soin mon alimentation même si je craque encore pour les bonbons chimiques :)

J'aspire à une vie plus slow, loin du consumérisme ambiant. J'aspire à reprendre ma vie en main.

J'ai aussi des envies de changement de métier, ne plus avoir le rythme de dingue d'avant. J'aime les belles choses, le fait-main, l'artisanat. On verra !

Champs libre ;)

raconte nous ce que tu souhaites (qui ne se trouvait peut etre pas dans mes questions) :

Être en bonne santé semble être un acquis, un dû. Détrompez-vous, la maladie peut vous tomber dessus juste au coin de la rue. Alors avant qu'il ne soit trop tard, profitez de la vie, profitez-en pour réaliser vos projets et vos rêves. 
Ne soyez pas trop matérialistes. Parlez à vos proches, réconciliez vous avec eux, dites-leur que vous les aimez avant qu'il ne soit trop tard.

Savourez la vie et prenez soin de vous et de vos proches. Et si vous êtes malades, battez-vous, vous n'êtes pas seuls !

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Merci encore, pour ton très beau témoignage Magali

plein de force et de belles ondes

Never give up !

Charlotte

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