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La Soie

Vous avez aimé nos imprimés de l’incontournable maison Anglaise Liberty, parfois déclinés sur des bases de coton ou encore de viscose fluide pour nos chemisiers, jupes ou foulard … Cette semaine, Victor, Solal, Mimsy, Brooke et Hook reviennent vous séduire. 

Ils reviennent dans la matière qui, depuis des millénaires, est synonyme de raffinement et de distinction : la soie.

Faire entrer la soie dans nos productions procure une émotion spéciale. Toute modestie gardée, elle incarne et symbolise si bien le mythe fondateur de notre Marque. Résilience et métamorphose sont intimement liées à ce tissu né d’un processus, dont on ne sait dire s’il est naturel, ou bien alchimique et miraculeux …  un peu tout cela à la fois. En tout cas le nôtre sera évidemment certifié Reach.

Essayez d’imaginer un bref instant que la soie provient de la bave du cocon que sécrète une gentille chenille capable de produire un fil continu d’une incroyable solidité en dépit de sa finesse, ou bien grâce à celle-ci, tant la soie tire sa force de tous les paradoxes, y compris le nom de notre chenille appelée Bombyx ! Rendez-vous compte, elle porte un nom qui sonne comme une bombe à fragmentation … et pourtant, seules la complexité, la lenteur et la patience sont sa raison d’être.

«La vie de Bombyx vers à soie » pourrait être le titre de l’épopée romanesque de la chenille dont le destin est de parer femmes et hommes des dons que la nature lui a donné pour créer la soie, au lieu de devenir papillon .

«Il faut bien que je supporte deux ou trois chenilles si je veux connaître les papillons. Il paraît que c’est tellement beau. Sinon qui me rendra visite . Tu seras loin, toi. »

C’est ainsi que La Fleur en parlant au Petit Prince, envisageait le destin des chenilles qui étaient sans aucun doute des Bombyx ! Mais je m’égare, revenons à l’histoire de la soie.    

La légende dit qu’il y a très très longtemps, presque 3000 ans a.v J.C, une princesse chinoise trouva dans sa tasse de thé un cocon de bombyx tombé du mûrier sous lequel elle se prélassait. En tentant de sortir le cocon du thé princier, un fil se serait dévidé en étant extrait de son bain chaud de circonstance. Voilà ! Mythe et réalités du processus de fabrication se confondent et rien n’a changé depuis plus de 5000 ans.

Le mûrier est l’arbre dont les feuilles sont l’aliment exclusif et indispensable de notre bombyx. Ces vers à soie sont élevés dans des chambres chauffées. On dissout la gomme collante (la séricine, vous suivez ?) dans une bassine d’eau chaude puis on agite les cocons au moyen d’un petit balai (en bruyère, cette précision semble importante) jusqu’à ce qu’un long fil continu en soit extrait. 


Plusieurs fils sont réunis, refroidis et amalgamés pour devenir «soie grège », matériau incroyablement solide qui va pouvoir être filé et tissé pour devenir notre étoffe en majesté. 

Le nylon, polyamide malin et artificiel, né dans les années 30 dans les labos du tout puissant groupe Dupont de Nemours (américain, comme son nom ne l’indique pas), a cru gagner la partie du productivisme de masse sur notre petit vers à soie. Pas question de nier le progrès quand il a un effet utile et maîtrisable, mais le nylon n’aura pas suffit à reléguer au musée de l’histoire des millénaires de sophistication fertile. La soie a fait mieux que résister, elle a cultivé sa trace. 

Depuis la tasse de thé de notre princesse chinoise, la soie en a connu des fortunes inouïes et des aventures à couper le souffle. Très vite conscients du filon ainsi découvert, les Chinois le tinrent  jalousement secret pendant des siècles. On apprend même que quiconque volait des vers à soie était condamné à mort. On ne plaisantait pas avec les secrets du sanctuaire qui garantissaient pouvoirs et richesse. Mais l’appel du large et du commerce tout puissant était irrésistible. La « route de la soie » fut ouverte par la Chine dès les premiers siècles de l’ère chrétienne, immense caravane reliant l’Orient extrême à l’Occident en cours de formation, apportant produits rares et secrets de fabrication. Difficile évidemment de garder de tels secrets. Aventuriers en tout genre, diplomates, espions, missionnaires, s’évertuèrent à percer le mystère de la soie. On dit même que des moines furent envoyés par un des premiers empereurs chrétiens de Rome pour voler le secret des Chinois, comme quoi le ciel peut bien permettre des petits arrangements avec les principes de la foi, quand il est question d’enjeux de pouvoir ici bas. Bref, en plus des Chinois, la soie devint l’affaire des Indiens, des Japonais et des Européens qui se mirent à élever les vers à soie et exploiter la juteuse métamorphose.  

 Au XIXe siècle, on assista à un rapprochement fertile entre France et Japon dans la production de soie. Les grandes familles lyonnaises - les «Soyeux » - enracinèrent la manufacture industrielle de la soie en liaison privilégiée avec le Japon, producteur des précieux cocons. Les stratèges en rapprochement d’entreprises, nourris aux meilleures écoles de commerce, comme Astrid ou notre Agathe, l’analyseraient aujourd’hui comme une Joint Venture à durée indéterminée, ce qui n’empêche ni la créativité ni la poésie. En cet instant, j’ai une pensée émue pour Kenzo, touche à tout de génie, partisan du luxe à prix doux, mort ce jour du virus scélérat. Je pense aussi à Issey Miyake, autre Japonais sensible, qui utilise avec brio le crêpe de soie dans ses créations. Avec son tissage très serré, cette matière permet des effets ondulés ou subtilement gaufrés.

Nos Victor, Solal, Mimsy, Brooke et Hook, seront en crêpe de soie, comme un hommage. 

Mais le vers à soie est aussi fragile, sujet à son propre virus scélérat, la pébrine. C’est ainsi que Lyon la Soyeuse aurait pu connaître la faillite au XIX ème siècle, après l’épidémie qui tua en masse ses vers à soie, mais elle fut sauvée par l’empereur du Japon qui expédia des cocons sains et salvateurs en France. Saisi de ce mauvais coup du sort, Louis Pasteur mit son immense savoir à trouver le remède à la maladie du vers à soie et sa découverte profita en retour à l’élevage japonais.

Bien mieux que moi, Alessandro Baricco nous a raconté cet épisode et les prospérités de la soie, dans son merveilleux roman - Soie - véritable allégorie de la vie, épurée et tendue comme un fil de soie, traversée par les coups du sort, l’aventure lointaine, l’amour fou, l’esprit d’entreprise, aussi, de son héros … exploitant improbable de vers à soie dans un petit village du Vivarais au XIX ème siècle. Frappé précisément par l’épidémie fatale de son élevage, il eut pour projet insensé d’aller lui-même négocier de nouveaux vers à soie au pays du soleil levant. «Et il est où exactement, ce Japon ? Par là, toujours tout droit, jusqu’à la fin du monde » répondit le héros au maire du village. Les entrepreneurs possèdent tous un grain de folie.

Après tant de guerres au XX ème siècle, de débâcles économiques et de reconstructions épuisantes, la culture du vers à soie n’intéressa plus guère l’Occident. La Chine a retrouvé le premier rang dans la production industrielle du précieux tissu. Regardons les faits avec discernement et objectivité, ce rang, somme toute, n’est pas usurpé. C’est comme une boucle qui se boucle après des millénaires d’avatars .

L’auteur de Soie, le même Alessandro Baricco, dans un autre essai, observait finement : 

 « Vivre la modernité et lui résister. La construire et non pas simplement la consommer ». 

Quant à nous, notre soie sera imprimée du dessin « Star Anise » par l’incontournable maison Anglaise Liberty, vous le découvrirez jeudi. 

C.H


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