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Aujourd’hui je vous présente Beata.

Il serait très insuffisant de dire qu’elle est agent import-export entre Mister k. et l’irremplaçable Monsieur Stanislaw, en Pologne, notre fabuleux fabricant des pièces de nos, vos, collections, telles que notre blazer Albert, ou nos iconiques chemises Victor et Michelle, la robe Max, Janis, presque tous vos modèles préférés, en somme … Beata représente beaucoup plus pour nous qu’une intermédiaire professionnelle, tellement plus…

Eût-elle été bretonne ou auvergnate, nos fabrications, à prix de revient identiques, l’auraient sans nul doute suivie au Finistère ou dans le Cantal ! Or c’est sûrement la plus française des Polonaises et pour paraphraser le roman si sensible de Susanna Tamaro (va dove ti porta il cuore) je vais là où mon cœur me porte. On ne dira jamais assez combien la confiance est le carburant premium des relations d’affaires et humaines tout simplement. Et puis ce n’est pas un hasard, Monsieur Stanislaw, qui travaille selon tous standards européens Q.C.D (qualité-coûts-délais), est le fabricant attitré de beaucoup de grandes marques françaises. Alors nous collaborons avec Monsieur Stanislaw via Beata et grâce à elle.

J’ai rencontrée Beata, quand je travaillais chez Heimstone, où j’étais directrice de production en plus de mes innombrables casquettes. La confiance mutuelle s’enracina et ce fut comme une évidence de la retrouver pour qu’elle intègre notre organisation «en étoile ». C’est ainsi qu’on désigne les modèles opérationnels où chaque branche brille autant que le centre… comme une étoile. Et puis, vous l’aurez compris, dans ma vie, tout est histoire de rencontres, de coups de coeurs, de lien et encore une fois de confiance tellement précieuse.

 

En quoi donc consiste ce qu’elle fait pour nous ?

Sa définition de fonction est simple. Depuis son bureau de Varsovie, Beata est  « facilitatrice » ,  organisatrice et vigie du flux tendu de nos matières à l’aller et de leur transformation en usine jusqu’à parfaite livraison à la porte de notre bureau, au retour.

 

Or pour cette ultime opération, c’est chaque fois le même gentil moustachu et très serviable chauffeur-livreur polonais qui sonne à notre porte avec pour double particularité d’être né longtemps avant la chute du mur de Berlin (1989) et de ne strictement parlé ou comprendre aucune autre langue que le Polonais. Lost in translation ! Alors, comme si un satellite avait été en orbite au dessus du camion du gentil chauffeur, nous appelons Beata qui depuis Varsovie assure l’interprétariat et valide avec nous la livraison.

Toutefois, le plus important n’est pas la fonctionnalité, mais la façon d’être et l’attitude de Beata en toute circonstance.

Avez-vous déjà assisté à la performance de ceux qui sont capables de déplacer un objet à distance ou bien tordre une petite cuillère, par le seul pouvoir, dit-on, de leur pensée ? Illusionnisme ou phénomène paranormal ? La controverse entre cartésiens incrédules et spirites, n’est pas tranchée et ne le sera jamais, tant mieux.

Pourtant chez Mister K, nous pouvons attester que Beata est capable d’enfoncer à distance une porte ou tordre le cou d’un problème récalcitrant, bref, de ne jamais rien lâcher mentalement et physiquement, jusqu’à ce que le job soit fait et bien fait .

 

Par exemple, juste avant les vacances, notre carton qui contenait vos robes «Jane », se volatilisa dans la nuit entre l’usine de Monsieur Stanislaw et nous. La dernière trace informatique situait l’objet dans un entrepôt à Cologne, où aucun responsable du transporteur (UPS pour ne pas le nommer) ne pouvait l’identifier et le trouver. Vous allez vous demander pourquoi avoir fait appel au fret aérien plutôt qu’à notre gentil chauffeur-livreur polonais ? Eh bien ! En raison de l’urgence, pour assurer que la robe vous parvienne avant les vacances … bing ! Raté, funeste impondérable qui rend folle au pire moment.

Aurions-nous l’état d’esprit d’une marque quasi industrielle, peut-être aurions-nous abandonné notre carton à son sort, dans les limbes du fret aérien, rassérénées par le fait que les assureurs auraient couvert ce qui ressemblait à un vol. Eh bien ! Non, pas nous, impossible. Nous vous devions de remuer ciel et terre pour retrouver vos robes, un point c’est tout. Il est moralement inconcevable d’abandonner les recherches de la boite noire d’un malheureux avion abîmé en mer, qui pourrait encore émettre un signal faible.

 

Nous avons tant investi, en affect autant qu’en argent, pour que fonctionne notre modèle entrepreneurial qui doit beaucoup aux notions d’«économie circulaire ». A chaque chaînon qui compose le cercle, le facteur humain est incontournable.

 

Donc, ni une ni deux, au lieu de remplir une déclaration de sinistre, nous sommes parties à la recherche de notre carton. L’escadron parisien, Astrid, Agathe et moi, harcelèrent UPS France, nous rendant même à leur Siège à Charenton, presque décidées à camper sur place jusqu’à obtenir satisfaction. A l’autre bout, en Pologne, Beata prit l’enquête en main et décortiqua chaque stade de la livraison depuis l’instant où vos « Jane » quittèrent l’usine jusqu’au point de convergence du mystère à Cologne . Je gage qu’à cette occasion l’expéditeur polonais chargé de l’embarquement sur l’avion cargo, a dû être soumis à un interrogatoire en règle !

Peut-être avons-nous si fortement secoué la vitrine d’UPS, qui promet fiabilité et respect des délais, qu’un responsable bienveillant de cet expéditeur planétaire, sympathisa à notre désarroi depuis Charenton . C’est ainsi que par un beau Vendredi matin, 10 jours après l’évaporation de notre carton, notre téléphone retentit pour apprendre qu’un vigile chargé des fouilles à Cologne, découvrit un carton de robes blanches, dont l’adresse du destinataire avait été malencontreusement arrachée, abandonné dans un coin de l’entrepôt . Alléluia ! Joie, pleurs de joie . Certains trouveront stupide de pleurer pour avoir simplement retrouvé un colis perdu. Beata et moi étions en pleurs dans nos smartphones. Astrid et Agathe, au comble du soulagement, devaient se contenir dans leur coin . Dites nous folles, mais croyez nous . Je repensais à ces lignes incandescentes de Belles du seigneur, lorsque Solal est frappé d’un coup de foudre en voyant Arianne « […] pour arriver à aimer […] Pour moi ce fut le temps d’un battement des paupières . Dites-moi fou, mais croyez-moi » . Voilà c’est bien ça : dites-nous folles, mais croyez nous .

Beata est une belle personne. Son regard d’un bleu limpide ne trompe pas . Il recèle aussi toute la détermination de beaucoup de celles et ceux qui ont connu les privations dans un pays jadis malmené par l’histoire. Aujourd’hui la Pologne est résolument européenne et son économie a une belle vitesse de croisière. Beata a, en quelque sorte, épousé la trajectoire de son pays.

Née à Lublin dans une famille modeste, mais résiliante et cultivée, Beata, jusqu’à l’adolescence, s’adonna  au sport intensément. Le sport était souvent la seule issue de dépassement de soi, derrière le « rideau de fer » soviétique. A ses 18 ans, ce rideau était déjà tombé en lambeau, Beata céda à l’irrésistible appel du large. Direction Paris, sous les encouragements de son fiancé, en vue de se donner plus de chance d’avoir un bel avenir à partager un jour à deux. Sans parler un mot de Français ni connaître quiconque à Paris, Beata s’accroche, apprend la langue, rejoint une famille «au pair » accueillante, avec laquelle elle découvre la France . Au bout de 3 ans son fiancé vient la rejoindre à Paris. Ils trouvent des petits boulots et habitent Montmartre – qui, comme un clin d’œil

en ce temps-là

Accrochait ses lilas

Jusque sous nos fenêtres

Et si l’humble garni

Qui nous servait de nid

Ne payait pas de mine

C’est là qu’on s’est connu

[…]

La bohème, ça voulait dire on est heureux

[…]

Ce n’est pas un hasard si Aznavour, autre exilé résilient, est présent entre ces lignes. Beata qui parle un Français absolument parfait, confesse qu’elle le doit beaucoup à tout le répertoire de la variété française. Dans ce registre, comme dans bien d’autres, elle est incollable !

8 ans ont passé, le mariage se dessine, mais pour vivre en Pologne, selon le vœu du fiancé. «Il m’aida à partir, je me devais de revenir pour lui »  me dit Beata sans la moindre hésitation. Fidèle, loyale, déterminée, bilingue, amoureuse de la France, c’est plus qu’il n’en faut pour réussir dans son pays sa carrière et sa vie ( un fils adoré est venu renforcer le couple). Et c’est ainsi que Beata devint petit à petit l’interface incontournable des grandes maisons françaises avec leurs unités de production en Pologne ; pour la petite histoire, Vanessa Bruno fut la première à faire appel à Beata.

 

On ne peut que s’attacher aux belles personnes qui dans les affaires, en toute circonstance, vous font savoir que « à partir de maintenant ton problème est mon problème ». Si ces belles personnes étaient plus nombreuses, les entreprises produiraient, aussi, de la confiance en l’avenir et du bonheur .

Beata, on t’aime, tout simplement, merci de nous accompagner à chaque étape <3

 

Plume : CH

 

 

 

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