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mars 2019

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« Les femmes et les filles peuvent faire ce qu’elles veulent. Il n’y a pas de limite à ce que nous, femmes, pouvons accomplir.»
Michelle Obama

Ce 8 Mars est une journée spéciale . L’ONU l’a décrétée Journée Internationale des droits des Femmes. Mais pourquoi faut-il qu’elle soit spéciale , encore et toujours, comme si depuis la Grotte de Lascaux et la Guerre du Feu, les humanoïdes n’avaient pas trouvé le moyen de traiter de manière équitable hommes et femmes dans un monde qui n’a vraiment pas besoin d’entretenir la disgrâce, la discrimination et les conflits, sous peine de voir notre bonne vieille planète, qui aura méprisé toute conscience écologique, devenir un lieu aussi plaisant que Mad Max Fury Road .

Alors ce 8 Mars ? Un énième constat d’échec, ou bien un appel d’air pour un monde meilleur ? Pas de suspens, vous connaissez mon camp : « Hope », « Together Stronger », « Never Give up »… mais comment faire ?

1) mon premier sentiment serait une forme d’agacement. Une journée universelle agrémentée de slogans irréfutables – comment ne pas adhérer au thème de l’ONU «penser équitablement, bâtir intelligemment, innover pour le changement » , on allume des bougies et chantons en cercle Kumbaya My Lord… –  puis le 8 Mars à minuit, on passe à autre chose, comme un élan brisé, ou pire, un élan mou, sans piste concrète d’atterrissage pour demain matin.

Il existe des médecines holistiques qui prétendent traiter la maladie comme un tout, une vibration du corps et de l’esprit, où l’émotionnel, le spirituel et le physique se confondent ou résonnent ensemble. C’est vrai, je serais la première à prôner la place indispensable des émotions, l’empathie, l’irrationnel même, dans tout ce que nous vivons….mais il arrive un moment pour éradiquer la tumeur, il faut viser juste et taper fort. J’en sais quelque chose, je n’ose imaginer où une thérapie purement holistique m’aurait menée.

C’est un peu mon état d’esprit en commençant la Journée Internationale des Femmes, qui se voudrait holistique et universelle, sans clé pour transformer la réalité. L’enjeu mérite un autre sort que de rejoindre dans l’agenda la Saint Valentin ou la Fête des Mères .

Engagée

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2) Toutefois, notons que la France a choisi d’intituler cette journée : Journée Internationale des DROITS des Femmes. Je souligne le mot «droits », au pluriel . La précision est cruciale et plus concrète . On ne dit jamais qu’on « célèbre » des droits, on dit d’abord qu’on «gagne » le droit de faire quelque chose, puis qu’on «défend » ses droits.

Les législateurs, que nous avons élus, ont créé au fil du temps un arsenal juridique assez satisfaisant pour que des avocats activistes et des magistrats défendent et répriment l’inacceptable, discriminations, violences faites aux femmes, abus de faiblesse … Ce ne sera jamais suffisant face aux récidives et à l’indécrotable bêtise , mais c’est un must, comparé aux pays, qui pourtant célèbrent aussi ce 8 Mars, qui traitent la moitié du genre humain, les femmes, comme des choses subalternes. Ces dernières ne peuvent pas attendre de grandes percées de la part de leur législateurs, s’ils existent au sens démocratique .

En revanche nous possédons toutes, désormais, un arsenal supplémentaire  et puissant, les réseaux sociaux. Ils ont fait sortir de l’ombre les pulsions médiocres, c’est inévitable , lâcheté anonyme, calomnies, complotisme, fake news… mais c’est juste l’écume baveuse des jours, peu de chose comparé aux formidables besoins de liens qui animent et unissent les gens biens en quête d’éclairage, de plus de connaissance et qui refusent d’abdiquer. Une fille hilare et maquillée qui partage sur Instagram sa joie de conduire une voiture dans les rues de Ryad, Arabie Saoudite, prête sûrement le flanc à du marketing politique local, mais l’image s’imprime sur la toile ; c’est une percée inédite.

Le chiffre d’affaires de ma boutique découle aujourd’hui d’Instagram à 70 % . Mon retour à la joie de vivre doit beaucoup à la communauté empirique que nous formons via Instagram et F.B, comme un petit caillou jeté dans l’étang qui déclenche de jolis cercles concentriques de plus en plus nombreux, pour finir par diffuser une onde, une marque si vous préférez, ma Marque, notre Marque.

Je respecte le féminisme et le militantisme, on leur doit beaucoup, mais ce n’est pas mon truc, ou plutôt je crois précisément que les réseaux sociaux permettent de mieux transformer la réalité, par leur effet viral et mimétique, plutôt que les actions coups de poings qui exacerbent les frictions et l’exclusion au final.

Je fais partie de celles qui ricanent ou ignorent la question si on nous demande : «comment réussir en tant que femme ? » , avec ce «en tant que » qui contient son lot de condescendance et d’incrédulité, en préjugeant que ce serait un exploit de faire autre chose de sa vie que des cakes à la cuisine entre copines sous le plafond de verre.

Continuons en catimini, mais sans relâche, le combat contre les préjugés et les stéréotypes, en nous prenant en charge, sans attendre un coup de pouce des superstructures politiques ou administratives telles qu’elles ont été construites jusqu’à ce jour, en immense partie par les hommes.

Sur la question «coup de pouce » je suis partagée. Pour beaucoup, il n’y a pas égalité des chances au départ, hélas . Les Américains ont tenté plein de choses pour faire émerger leurs minorités, «affirmative action » et/ou quotas, pour éradiquer les inégalités . Il apparaît que ces actions n’ont pas produit un effet franchement positif ou décisif . Avec le temps les élu(e)s de ces programme ont fini par être perçus comme des «pistonnés » et/ou vu(e) comme les protégé(e)s d’une «réserve », un peu en référence à ces Indiens qui traînent leur disgrâce dans les réserves du Wyoming ou du Colorado. Mais quand on arrive à sortir de sa condition sans coup de pouce extérieur, avec juste sa résilience et sa force de conviction, on ne craint plus grand chose ! Il en  va de même je crois pour les femmes qui veulent une place à la grande table de la réussite . Elles méritent autre chose que d’être «pistonnées » avec commisération et paternalisme, non ? Que faire alors ? pousser les portes, revenir par la fenêtre, s’entourer des bonnes personnes, serrer les dents en souriant …

Les choses commencent à changer, vraiment . Il paraît que les filles sont majoritaires désormais en dernière année de l’école de médecine, de la magistrature, du barreau de Paris – à vérifier – et elles ne viennent pas toutes du même milieu social . C’est bien, la vague se forme, le plafond de verre va se lézarder de plus en plus .

Prenons garde toutefois que la prophétie ironique de Françoise Giroud ne se réalise : «une femme serait l’égale de l’homme, le jour où, à un poste important , on désignerait une femme incompétente » ! Tout ça pour ça ? nous méritons mieux . Moi je me sens bien et légitime quand je passe à Station F sans être vue comme un OVNI . La réussite n’est plus réservée à un genre, chromosome XY ou XX, mais à celles et ceux qui croient à la force communicative du mérite et de la compétence… pour le reste, désolée les gars, j’ai moins de plaisir que vous à regarder les exploits du PSG, à l’inverse je n’imagine même pas que vous aimiez comme moi Juliette Armanet… nous avons plein de différences, mais unis à armes égales comme des potes de régiment, à parité .

Allez, on ne traîne pas des pieds, on continue …